Accueil > Commentaires de lecture > Fiction > ÈVE OU L’ART D’AIMER

Numéro 101

ÈVE OU L’ART D’AIMER

Hurtubise HMH, Montréal, 2004
126 pages
17,95 $

Hommage à la femme et à l’écriture. La phrase déploie des volutes généreuses. On s’éloigne, sans cacher son dédain, des phrases inattentives et tronquées et on entre en délices littéraires. Chaque terme, précis dès l’esquisse, appelle quand même dans son sillage d’innombrables cousins ; ensemble, ils raffinent, serrent au plus près, disent au mieux. Mais le style demeure au service d’Ève. Ses ressources, et Bernard Marcoux n’en ignore aucune, distillent un éloge clinique et chaleureux du corps féminin. La description se peaufine, mais jamais ne disparaît le mystère. « Toujours de dos et de trois quarts, elle recommencerait à peigner ses cheveux, maintenant droite, les bras au-dessus de la tête, et son dos s’animerait. » Modèles entre les modèles, Marcel Proust et Paul Morand fournissent les exergues et explicitent l’intention de l’auteur. Ce premier roman contredit Paul Valéry qui aurait écrit : « Publier, c’est toujours un signe de paresse ».

Publié le 3 avril 2015 à 13 h 29 | Mis à jour le 3 avril 2015 à 13 h 29