Michel Bois, Alexandre Motulsky-Falardeau

ÊTRE ARTISTE

L’instant même, Québec, 2015
90 pages
26,95 $

Qui peut prétendre avoir la seule, la vraie définition de l’art ? Qui peut dire ce que c’est qu’être artiste ? Tous les artistes, les vrais, répondrez-vous. Mais de même qu’en mettant huit artistes devant un sujet semblable il en sortira huit œuvres différentes, demandez à huit artistes de vous dire ce que c’est qu’être artiste et vous aurez huit réponses différentes. Heureusement, d’ailleurs.

Émile Zola avançait que l’œuvre d’art était la nature vue à travers un tempérament. Ce qui ressort de la lecture de ces huit entretiens réalisés et transcrits par Michel Bois et Alexandre Motulsky-Falardeau, c’est précisément la différence, non seulement des tempéraments, mais aussi et surtout des approches de l’art, des cheminements, des attentes, des choix de matériaux, de styles…

Bien entendu, les artistes convoqués disent toutes et tous leur besoin d’ouverture sur le monde, d’ouverture vers l’autre. Mais plus que cela, ils disent leur besoin de liberté, cette liberté qui est essentielle à la création. Quand on parle de restrictions de cette liberté, on pense tout de suite à celles imposées par les régimes totalitaires, par les religions, par la morale. Mais on oublie trop souvent que les questions financières et économiques, même dans une société démocratique et émancipée comme la nôtre, peuvent aussi avoir une incidence négative non négligeable sur cette liberté souhaitée. Si pour un artiste créer est, comme respirer, une nécessité, cet artiste a aussi besoin de vivre et de faire vivre les siens. D’où la difficulté d’être artiste. Mais à lire les propos de ces huit Québécois, elle n’est pas la seule.

L’activité artistique exige de la discipline, parfois difficile à s’imposer. Certains affirment que l’activité artistique est énergivore, pleine d’angoisses, d’incertitudes, de déceptions. Mais c’est le coût à payer pour la réussite, qui n’est toutefois jamais assurée. Et il y a l’avenir : l’artiste se soucie de savoir ce que deviendra son œuvre et comment elle sera évaluée par les générations à venir.

Mais, puisque l’homme fait de l’art depuis la nuit des temps, on serait porté à croire que le lien entre l’art et la vie est indissociable. John Porter, qui préface cet ouvrage, le signale et les témoignages des artistes, en effet, le confirment.

Publié le 26 juin 2016 à 10 h 25 | Mis à jour le 7 juillet 2016 à 14 h 33