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Dominique Foisy-Geoffroy

ESDRAS MINVILLE

NATIONALISME ÉCONOMIQUE ET CATHOLICISME SOCIAL AU QUÉBEC DURANT L'ENTRE-DEUX-GUERRES

Septentrion, Sillery, 2004
170 pages
29,95 $

Il s’agit d’un essai historique sur la pensée d’Esdras Minville. Celui-ci fut enseignant (1924-1938) puis directeur de l’École des Hautes Études Commerciales de l’Université de Montréal (1938-1962). Il fut aussi la caution intellectuelle du premier gouvernement duplessiste quand il fut nommé conseiller technique du tout jeune ministère du Commerce et de l’Industrie en septembre 1936.

Esdras Minville fut de la dernière génération des intellectuels précédant la Révolution tranquille. C’est d’abord un catholique, puis un nationaliste canadien français, et finalement un économiste voué au développement de sa société. À ce triple titre, il sera toute sa vie à la recherche de la voie du développement économique approprié à la nation canadienne-française. Il craint l’urbanisation galopante qui tend à renforcer l’influence anglo-américaine. C’est pour cette raison qu’il prône le retour à la terre. Il se fera promoteur de la dernière vague de colonisation en Abitibi-Témiscamingue. À la suite de l’échec relatif de celle-ci, il fera une dernière tentative à Grande-Vallée, dans sa Gaspésie natale, où il sera le père d’une expérience socio-économique originale. Il créera une coopérative forestière spécialisée dans les opérations de récolte de bois, qui obtiendra un succès économique relatif, avant de cesser ses opérations autour de 1968. L’expérience ne sera pas sans lendemain puisqu’elle a donné naissance à un vigoureux mouvement qui compte maintenant 41 coopératives forestières, employant plus de 4500 travailleurs, dont le chiffre d’affaires s’élevait en 2002 à 340 millions de dollars.

C’est le critère religieux qui guide le jugement d’Esdras Minville. Dominique Foisy-Geoffroy, cela transparaît tout au long de l’essai, aimerait que son sujet soit plutôt nationaliste alors qu’il agit d’abord et avant tout selon la logique catholique. On perçoit une certaine incompréhension de l’auteur à l’égard de son sujet.

L’essai était à l’origine un mémoire de maîtrise ; il dépasse le simple travail scolaire, mais on ne peut le qualifier de grand essai historique.

Publié le 21 février 2005 à 14 h 36 | Mis à jour le 21 février 2005 à 14 h 36