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Marie C. Laberge

EN THAÏLANDE, MARIE AU PAYS DES MERVEILLES

Guy Saint-Jean, Laval , 2003
163 pages
19,95 $

À 19 ans, après une première année d’études à l’Université McGill, Marie C. Laberge entreprend avec l’appui d’un programme d’études à l’étranger de poursuivre ses études à l’Université Thammasat de Bangkok. Bien que la Thaïlande soit l’une des destinations touristiques les plus populaires de l’Asie du Sud-Est, ce n’est pas en touriste qu’elle voyage, du moins pas en touriste qui recherche les traces de sa propre culture dans celle de l’Autre. Le récit de son voyage traduit plutôt son désir d’acquérir une connaissance plus fine des manières de faire et de vivre dans le « pays du sourire » jusqu’à éprouver une altération interculturelle, voire une métamorphose de soi. À travers des expériences tantôt amusantes, tantôt bouleversantes, Marie C. Laberge raconte son adaptation et son intégration à la culture thaïe à laquelle elle voue une véritable admiration : « Toujours j’admirerai cette culture qui place l’autre bien avant soi-même ». De « farang », c’est-à-dire étrangère, qu’elle était au début de son voyage, elle décrit comment elle est parvenue à « gagner l’affection de [son] voisinage, au fil des mois. En vivant comme eux. En [se] fondant dans la foule ». Pour elle, la Thaïlande devient alors une « terre d’adoption » qu’elle tente de connaître de l’intérieur et qu’elle nous donne à voir, à sentir, à goûter avec beaucoup d’humour et d’originalité. Les beautés (la campagne cambodgienne, la ville de Luang Prabang, etc.) et les horreurs (la répression et les camps de réfugiés en Birmanie, le musée du génocide de Siam Reap, etc.) de certains pays de la péninsule indochinoise qu’elle a visités retiennent également son attention. Mais c’est aussi à un voyage initiatique, à un voyage intérieur qu’elle nous convie. « Je me suis aussi aperçue combien cet exil dans le monde asiatique avait changé ma façon d’être et d’agir. » « Si j’ai fait mille et une rencontres, c’est d’abord moi-même que j’ai appris à connaître. C’est comme si un courant électrique avait allumé une à une toutes les fibres de mon être pour ensuite les relier entre elles. Mon corps, mon cœur, mon esprit se sont découverts. Ils se sont mis à nu pour ensuite mieux s’unir. Pour mieux me construire ». Bref, le vieil adage voulant que les voyages forment la jeunesse reçoit ici une nouvelle confirmation.

Publié le 1 octobre 2003 à 12 h 54 | Mis à jour le 1 octobre 2003 à 12 h 54