Accueil > Commentaires de lecture > Essai > DICTIONNAIRE AMOUREUX D’ALEXANDRE DUMAS

Numéro 123

Alain Decaux

DICTIONNAIRE AMOUREUX D’ALEXANDRE DUMAS

Plon, Paris, 2010
636 pages
44,95 $

À ne pas confondre avec le très sérieux Dictionnaire Alexandre Dumas de Claude Schopp (préfacé par le même Alain Decaux) paru presque simultanément aux Presses du CNRS, ce Dictionnaire amoureux d’Alexandre Dumas présente, comme tout bon dictionnaire, une série de notices classées par ordre alphabétique qui évoquent des personnes, des mots célèbres, des tirades et des titres (Le comte de Monte-Cristo). Impossible toutefois de se pencher sur les 130 livres de l’écrivain : donc, pas de notice sur La reine Margot, que l’on mentionne pourtant à plusieurs endroits. Rien non plus sur Isaac Laquedem, une saga inachevée écrite en 1852, mais une notice de douze pages, intitulée « Roman monstre », situe cette œuvre méconnue de Dumas.

En soi, le monde d’Alexandre Dumas (1802-1870) est fascinant, peu importe l’éclairage qui lui est donné. Mais en fait, ce livre subjectif nous montre Alexandre Dumas tel que vu par l’académicien Alain Decaux, dont le style élégant et apologétique laisse un portrait admiratif de l’auteur des Trois mousquetaires et du Vicomte de Bragelonne: « Armé de sa gigantesque imagination, il a fait surgir du néant une réalité si puissante qu’elle s’est depuis, pour des millions de lecteurs, muée en évidence ».

La notice sur la postérité nous apprend que Dumas croyait fermement à la célébrité de ses pièces de théâtre mais beaucoup moins à celle de ses romans; cependant, le statut universel et quasi mythique des Trois mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo lui auront donné tort, au point que beaucoup de lecteurs croient encore qu’il s’agit d’histoires vécues. Une anecdote le confirme: en 1970, alors que le Château de Monte-Cristo risquait d’être démoli, Alain Decaux en prit la défense publiquement et reçut spontanément 10 000 lettres de soutien de lecteurs.

Tout comme la cinquantaine d’ouvrages de cette collection (pensons au Dictionnaire amoureux du Louvre et au Dictionnaire amoureux de l’Alsace), ce livre propose un parcours forcément incomplet où le lecteur est guidé par la vision d’Alain Decaux, qui partage avec nous ses passages préférés de l’œuvre monumentale de Dumas. Cependant, les étudiants en quête de repères précis, de dates et de résumés devront chercher ailleurs car l’auteur a procédé librement et sans aucune contrainte d’exhaustivité. Pas de notes en bas de page ni d’index, mais une chronologie et une bibliographie succincte (sans noms d’éditeurs) closent ce dictionnaire passionnant.

Publié le 25 juin 2011 à 16 h 24 | Mis à jour le 19 décembre 2014 à 19 h 58