Charles-Étienne Ferland

DÉVORÉS

L’Interligne, Ottawa, 2018
216 pages
19,95 $

Quel fléau éliminera l’humanité de la surface de la Terre ? Oublions la guerre nucléaire ou bactériologique, le nouveau déluge, la collision d’un astéroïde, l’attaque d’extraterrestres ou l’invasion de zombies. La disparition de l’Homo sapiens sera causée par une infestation de guêpes anthropophages.

Voilà du moins le scénario catastrophe que conçoit Charles-Étienne Ferland dans ce premier roman associant habilement la science-fiction et l’entomologie. Certes, la formule n’est pas tout à fait nouvelle. Les insectes tueurs ont fait les belles heures du cinéma de série B, et les antécédents littéraires de ce thème sont nombreux, du Royaume des fourmis (1905) de H. G. Wells à La guerre des mouches (1938) de Jacques Spitz. À défaut d’innover complètement, Ferland signe ici une histoire qui se lit très agréablement.

L’action de Dévorés se situe à Montréal. On y suit les aventures d’un quatuor de colocataires et amis réfugiés dans leur appartement du quartier Côte-des-Neiges après l’apparition d’une espèce de guêpes géantes (les femelles font un mètre de long) et particulièrement meurtrières. En seulement quelques jours, la population mondiale est décimée, la civilisation s’écroule et les survivants basculent dans l’anarchie et la loi du plus fort. Pour Jack et ses compagnons, un faible espoir luit à l’horizon : Main Duck Island, une île sur le lac Ontario qui pourrait avoir été épargnée par l’infestation. Mais avant de s’engager sur la route qui mène de Montréal à Kingston, il faut d’abord traverser l’hiver sans électricité et sous la constante menace de survivants malintentionnés.

Dans l’ensemble, Ferland a conçu une intrigue solide, qui garde le lecteur en haleine et lui réserve quelques surprises. Les passages les plus réussis sont ceux où l’auteur explique en termes scientifiques le phénomène des guêpes mangeuses d’hommes. Étudiant à la maîtrise en entomologie, il met de toute évidence ses connaissances à profit. Les adeptes de SF post-apocalyptique apprécieront les clins d’œil aux univers de Richard Matheson (Je suis une légende) et de Robert Kirkman (The Walking Dead), mais risquent d’être agacés par la reconduction de certains clichés (en ce qui a trait aux personnages notamment).

Publié le 16 octobre 2018 à 15 h 24 | Mis à jour le 16 octobre 2018 à 15 h 24