Accueil > Commentaires de lecture > Essai > CORRESPONDANCE 1894-1967

Numéro 93

Lionel Groulx

CORRESPONDANCE 1894-1967

L'INTELLECTUEL ET L'HISTORIEN NOVICES 1909-1915

Fides, Montréal, 2003
1045 pages
99,95 $

Lionel Groulx est à la mode, c’est le moins qu’on puisse dire. Les ouvrages publiés cette année sur son œuvre et sa carrière sont à ce point nombreux que le Centre de recherches Lionel-Groulx a cru bon organiser un colloque présentant « Les nouvelles lectures de Lionel Groulx depuis l’an 2000 ». Dans une perspective de relecture du controversé personnage, la publication du troisième volume de sa correspondance arrive à point nommé. Dix ans se seront écoulés entre la parution du volume deux de la correspondance et celle du volume trois, cependant l’intervalle s’explique aisément par la masse d’érudition contenue dans cette somme. Le troisième volume couvre les années 1909 à 1915 : on retrouve donc le jeune professeur de Valleyfield au retour d’un voyage d’études en Europe, puis on le quitte à l’aube d’une nouvelle vie, presque la valise à la main, alors que, fraîchement arrivé à Montréal, il s’apprête à devenir historien. Indiscutablement, c’est une période charnière dans la vie de « l’intellectuel et l’historien novices » qui est ici scrutée à la loupe. Le travail d’édition critique de Giselle Huot, Juliette Lalonde-Rémillard et Pierre Trépanier est à la hauteur des volumes précédents et les notes explicatives ne laissent aucun détail au hasard. On saura gré aux auteurs d’avoir maintenu dans le troisième volume des rubriques précieuses (chronologies, notices biographiques, bibliographie et index) en plus d’avoir, dans une introduction imparable, situé l’intellectuel dans son époque, notamment en analysant minutieusement sa bibliothèque. Les auteurs ont eu en outre la bonne idée de joindre en annexes des documents éclairants pour la période, comme cette lettre de Mgr Émard à Lionel Groulx qui illustre éloquemment (mieux peut-être que les mémoires de l’écrivain), le fossé insurmontable séparant les deux hommes. Pour les volumes subséquents, les auteurs annoncent certains allégements afin d’accélérer le rythme des parutions. Cette initiative sera sans doute heureuse, car le besoin d’une édition critique complète est effectivement pressant pour comprendre cette figure incontournable qu’est encore aujourd’hui Lionel Groulx.

Publié le 9 décembre 2003 à 10 h 24 | Mis à jour le 9 décembre 2003 à 10 h 24