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Michèle Grandbois, Hélène Sicotte

CLARENCE GAGNON, 1881-1942

RÊVER LE PAYSAGE

Musée national des beaux-arts du Québec, Québec/L'Homme, Montréal, 2006
431 pages
79,95 $

Une exposition individuelle est en quelque sorte l’étude de l’œuvre d’un artiste, dans sa totalité ou durant une période donnée. Son objectif est d’instruire le public, de le faire pénétrer cette œuvre pour mieux la comprendre et donc mieux l’apprécier. Plusieurs éléments participent à un tel projet éducatif et relèvent des compétences d’experts : le choix des œuvres, leur disposition dans l’espace de l’exposition, les panneaux didactiques, les visites guidées organisées Tous ils sont efficaces mais combien éphémères. Et c’est là que l’on comprend la valeur d’un catalogue d’exposition.

Le public québécois, on le sait, a un fort penchant pour l’art du paysage et il est certain qu’un artiste comme Clarence Gagnon y a contribué largement. Mais ses paysages sont bien plus que des reproductions de la nature. Dans cette exposition rétrospective, la première depuis 1942, les commissaires Hélène Sicotte et Michèle Grandbois nous proposent les fruits de la pensée de Clarence Gagnon. Elles mettent ainsi en évidence la grande différence entre son œuvre et d’autres qui laissent voir une nette servitude par rapport à la nature. Cette différence réside essentiellement dans les libres choix qu’a faits l’artiste, des choix néanmoins déterminés par les circonstances dans lesquelles a évolué sa carrière.

Clarence Gagnon, 1881-1942, Rêver le paysage nous invite à faire le chemin inverse de celui de la création des œuvres exposées. Dans un langage simple, les commissaires parlent de l’influence qu’ont eue sur lui les artistes qu’il a rencontrés, les lieux où il a vécu. On suit l’artiste dans ses voyages. On sait ainsi ce qu’il a vu, ce qu’il a peint, comment il a peint. Une profusion d’images nous permettent de comparer, de comprendre ce qu’il a aimé, ce qui l’a inquiété. Même si on le savait graveur, on découvre l’importance de la gravure dans son œuvre, et c’est sans doute pourquoi il a été un tel perfectionniste. En effet, on ne peut s’empêcher d’être admiratif devant la façon dont il capte la lumière dans ses gravures. Ceci dit, l’ouvrage que publie le Musée en collaboration avec les éditions de L’Homme nous en propose un catalogue raisonné qui, avec les textes et les rubriques annexes, représente un pas important pour l’histoire de l’art au Canada, un régal pour celui qui l’acquiert.

Publié le 30 septembre 2006 à 11 h 45 | Mis à jour le 7 novembre 2014 à 11 h 25