Numéro 140

Élisabeth Reynaud

CÉLINE DION

LA FEMME AUX DEUX VISAGES

L’Archipel, Paris, 2014
247 pages
16,95 $

Ce dix-huitième livre d’Élisabeth Reynaud s’adresse aux admirateurs de Céline Dion ; il décrit le quotidien de la chanteuse entre la carrière et la vie familiale. Ce sont précisément les deux visages de Céline Dion.

Cette biographie est très détaillée quant aux événements ayant marqué la vie de la jeune Céline, ses rêves d’amour avec son gérant (et futur mari) René Angélil, la première visite de celui-ci à la maison familiale des Dion, et tant d’autres moments privés, pour ne pas dire intimes. Mais on se demande souvent où Élisabeth Reynaud a puisé tous ces renseignements. Elle ne fournit aucune source, aucune note en bas de page, aucune bibliographie en fin de volume. On ignore si la biographe a procédé à des entretiens ou si elle s’est contentée de consulter des entrevues, articles ou autres biographies dont celle – monumentale et de première main – de Georges-Hébert Germain, Céline (Libre Expression, 1997), qui fait toujours référence.

Certains passages de l’autobiographie Ma vie, mon rêve (Robert Laffont, 2000) ont clairement inspiré le texte d’Élisabeth Reynaud, par exemple ce moment où Michel Dion demanda au gérant d’écouter le démo de sa sœur : « Angélil a ri […]. Quel âge elle a, ta sœur ? Michel a hésité un moment : Douze ans » (Ma vie, mon rêve, p. 72). Dans Céline Dion, La femme aux deux visages, ce même événement devient : « Angélil se met à rire […]. Elle a quel âge, ta sœur ? Michel hésite : Douze ans » (p. 29). Plusieurs autres passages du livre d’Élisabeth Reynaud sont honteusement calqués sur l’autobiographie, comme celui-ci : « Il a dû m’expliquer qui était Ed Sullivan […] le plus gros show de télé […] Elvis, les Beatles, les Stones. Et il l’imitait, debout, le dos voûté » (Ma vie, mon rêve, p. 126). Ce passage devient, sous la plume d’Élisabeth Reynaud : « Elle ne sait pas qui est Ed Sullivan […] et René de lui expliquer qu’il a reçu les plus grands de la chanson : Elvis, les Beatles, les Stones. Il l’imite, le dos courbé » (p. 52).

Le style d’Élisabeth Reynaud est délectable, par exemple lorsqu’elle dépeint cette visite cordiale du couple Dion-Angélil chez Luciano Pavarotti pour un repas gargantuesque : « Une véritable joute de nourriture s’installe entre René et lui. Attentifs à chaque délice, chaque saveur célébrée ». Mais pour mieux connaître le cheminement de notre chanteuse, il est préférable de se référer directement à la source : Ma vie, mon rêve, autobiographie coécrite avec Georges-Hébert Germain.

Publié le 29 septembre 2015 à 10 h 48 | Mis à jour le 6 octobre 2015 à 16 h 15