Roxane Gay

AYITI

Trad. de l’anglais par Stanley Péan
Mémoire d’encrier, Montréal, 2020
128 pages
19,95 $

Le titre de ce livre, écrit par une auteure américaine reconnue d’origine haïtienne, fait bien sûr référence à Haïti, thème central commun aux seize récits de cet ouvrage.

Ce pays bordé d’un soleil implacable est certes la toile de fond des récits, mais on y côtoie surtout une belle diversité d’expériences humaines.

Dans une des nouvelles, la narratrice, médecin américaine en résidence née à Haïti, raconte son mariage avec un gentil Américain du milieu hollywoodien qui a lieu dans le pays de ses parents. Sur place, elle sera kidnappée et violée, mais le couple décide de garder l’enfant qui naît de cette tragédie, l’amour maternel étant plus fort que tout.

Dans une autre histoire, on croise Lucien, enfin arrivé à Miami, mais qui comprend bien que le délai sera long avant qu’il ne puisse amasser les sous nécessaires pour faire venir, comme promis, sa femme et ses quatre enfants.

On apprend aussi comment une grand-mère a rencontré son époux lors d’un massacre commis par des Dominicains contre des Haïtiens venus travailler dans leur pays.

Pour la dernière histoire, on prend connaissance avec intérêt les questionnements de deux amants ambivalents au plan de s’embarquer illégalement pour fuir vers les États-Unis.

Quelques sentiments dominants émergent relativement à ce pays au destin tragique : le chagrin, la douleur, l’amertume, mais aussi l’attachement d’un peuple à sa terre. Ce beau roman est un hommage bien senti à la légendaire résilience haïtienne.

Publié le 27 juillet 2020 à 12 h 08 | Mis à jour le 16 août 2020 à 18 h 49