Richard Martel

ART-ACTION

L'écart absolu/Les presses du réel, Dijon, 2005
175 pages

La lecture de cet ouvrage remet en mémoire la présentation, l’automne dernier à Québec, de La Drave, d’après une idée originale de Carole Baillargeon. À cette occasion, on pouvait voir, d’une part, des corps en mouvement dans la fontaine du jardin Saint-Roch et, d’autre part, une interrogation sur le visage de plusieurs spectateurs : de l’art ? quel art ?

Le rapport entre cette présentation artistique et la compilation de textes de Richard Martel publiés entre 1981 et 2002, réside dans le fait que ces derniers répondent aux questions soulevées par l’événement avec la précision qu’amènent les expériences et les compétences de leur auteur : de l’art oui, et c’est une performance, de l’art-action. Mais ce livre va plus loin dans l’initiation du lecteur aux modes d’expression de l’art actuel, de la performance en particulier.

Les dates de publication des textes choisis nous disent déjà que la performance n’a rien de très récent. Si elle a aujourd’hui une justification théorique, elle a pris naissance dans certains « ismes » du début du vingtième siècle et s’est développée à partir d’activités artistiques qui, depuis, ont cherché à se libérer graduellement des supports traditionnels, à revoir la matière, la conception même de l’artiste et de l’art. Dans ce long processus, s’est effectué le passage du « produire » au « faire » ; l’artiste est ainsi passé de l’acteur au « viveur » d’un moment. Le support, comme cela a été le cas dans La Drave, est devenu un quartier, une place, une fontaine et l’art, dès lors, est allé rencontrer le public en alliant, dans l’action, la pratique et la théorie.

Richard Martel apporte de la lumière sur le rôle important que jouent les lieux alternatifs, ces regroupements d’artistes, ces espaces où se rencontrent des créateurs de différentes disciplines artistiques, où se partagent des outils communs ; ces structures qui encouragent le multidisciplinaire, les réseaux pour une plus grande diffusion de l’information, ces lieux enfin qui sont des « musées de l’alternative » et aussi l’alternative des musées.

Publié le 2 juin 2005 à 13 h 14 | Mis à jour le 27 janvier 2015 à 21 h 10