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NUIT BLANCHE

Ce livre de petit format, généreusement illustré, reprend de manière vivante le scénario et les artefacts d’une exposition permanente présentée au Musée de l’Amérique française, situé dans la Haute-Ville de Québec. Ouvrage multidisciplinaire, Amérique française : l’aventure évoque non seulement la découverte du Canada mais surtout l’implantation des Français sur tout le continent nord-américain. Comme on le sait, l’Amérique du Nord était majoritairement francophone avant de devenir progressivement anglophone au cours du XIXe siècle.

Les auteurs Alain Beaulieu et Yves Bergeron présentent une multitude de repères sur notre histoire au sens large. Les reproductions montrent des objets d’époque (vêtements, affiches, portraits). On apprend en passant qu’il ne subsiste rien des récits de voyage à Terre-Neuve de l’explorateur anglais John Cabot, parfois considéré comme le découvreur du Canada, en dépit des visites antérieures des navigateurs vikings venus de Scandinavie. Les écrits de Jacques Cartier ont en revanche été édités et traduits dès le XVIe siècle, ce qui confirme ses passages.

Chaque chapitre décrit une région où les francophones ont laissé une trace de leur présence : l’Acadie (maintenant Nouvelle-Écosse), la Louisiane, les provinces de l’Ouest canadien et la Nouvelle-Angleterre. On nous rappelle que la Louisiane (contrée beaucoup plus grande que l’État américain du même nom), perdue par la France en 1763, redevient propriété française en 1800, mais que Napoléon la revend aux États-Unis en 1803 ! Cette région demeure majoritairement francophone durant une bonne partie du XIXe siècle. Par la suite, le français sera interdit dans les écoles élémentaires, comme ce sera le cas dans plusieurs provinces du Canada et dans certains États de la Nouvelle-Angleterre.

L’ouvrage Amérique française : l’aventure prolonge de manière synthétique et plus accessible l’énorme somme qu’avait publiée Georges Cesbron sous le titre L’Ouest français et la francophonie nord-américaine aux Presses de l’Université d’Angers (1996).

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