Accueil > Articles > Varlam Chalamov* : Une vie suspendue

Varlam Chalamov

Varlam Chalamov* : Une vie suspendue

J'ai passé à peu près vingt ans dans les camps et en exil. Au fond, je ne suis pas encore vieux parce que le temps s'arrête sur le seuil de ce monde où j'ai passé vingt ans. Cette expérience 'souterraine' n'accroît pas l'expérience générale de la vie : 'là-bas' toutes les mesures, toutes les proportions sont autres et les connaissances acquises 'là-bas' ne servent pas une 'vie libre'. »

Vingt ans de vie suspendue, 7 300 jours sans horizon, 175 200 heures pour survivre à tout prix, un néant avalé pendant onze millions de secondes. Cette tache noire du régime soviétique s'appelait Varlam Tikhonovitch Chalamov.

Dans un territoire tout près du cercle polaire, à Kolyma**, bagne de l'Extrême-Orient soviétique, un détenu se donne la peine de chasser un canard sauvage qui se reposait dans les trous glacés d'une rivière. En courant après lui . . .

Pour lire la suite, veuillez vous abonner. Déjà abonné(e) ?

Publié le 22 janvier 2004 à 11 h 49 | Mis à jour le 15 avril 2015 à 13 h 47