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NUIT BLANCHE

Je sifflote ; je gravite autour de l'hiver sans voix, entre la pluie insipide et la neige noyée. Sur le boulevard Chartier, l'eau n'est plus de l'eau. L'eau réside en moi, inerte surface tachée de vieille terre arrachée à l'automne. Je demeure ainsi sous l'immobile durée de l'ardent soleil d'avril.

Depuis peu, j'ai quitté l'âge de ma mère. Je ne reconnais plus ses abominables secrets de famille. Maintenant je vis dans l'âge de mon père, dans ses mots francs, durs, cassants. C'est le printemps. J'ai des semelles neuves et tout le vent dans la figure. La marche me sauve. Au bureau de poste, je relève mon courrier. Les vieux s'interrogent sur mon sinistre silence de chômeur aux éternelles absences. L'œil vert, le groupe grommelle en me voyant feuilleter les livres de Victor-Lévy Beaulieu et de Jacques Pelletier. Un loustic risque : « Tu . . .

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